close

Katja SchenkerFiche artiste 37/46

focus

mar 24 Nov
2
19h
PERFORMANCE : Peau articulée (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

Le travail de Katja Schenker s'articule autour de la performance et de la sculpture. Ses projets interrogent des notions existentielles: la relation entre l'intérieur et l'extérieur, le Moi et les autres, la perméabilité et l'appartenance. Pour le CCS, elle imagine un dispositif de ficelles suspendues qu'elle tisse autour de son corps. Les mouvements qu'elle impulse ensuite au filet créent une dynamique entre son corps, l'environnement et la matière elle-même dont le jeu de maillage construit une dialectique de tension et relâchement. Au terme de la performance, le filet devient une installation à voir jusqu'à la prochaine et dernière performance du dimanche 29 novembre.

jeu 26 Nov
1
13h
Peau articulée (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
ven 27 Nov
1
13h
Peau articulée (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
sam 28 Nov
1
13h
Peau articulée (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
dim 29 Nov
1
13h
Peau articulée (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
2
16h
PERFORMANCE : Peau articulée (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

Le travail de Katja Schenker s'articule autour de la performance et de la sculpture. Ses projets interrogent des notions existentielles : la relation entre l'intérieur et l'extérieur, le Moi et les autres, la perméabilité et l'appartenance. Pour le CCS, elle imagine un dispositif de ficelles suspendues qu'elle tisse autour de son corps. Les mouvements qu'elle impulse ensuite au filet créent une dynamique entre son corps, l'environnement et la matière elle-même dont le jeu de maillage construit une dialectique de tension et relâchement.

événements

mar 24 Nov
2
19h
PERFORMANCE : Peau articulée (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

Le travail de Katja Schenker s'articule autour de la performance et de la sculpture. Ses projets interrogent des notions existentielles: la relation entre l'intérieur et l'extérieur, le Moi et les autres, la perméabilité et l'appartenance. Pour le CCS, elle imagine un dispositif de ficelles suspendues qu'elle tisse autour de son corps. Les mouvements qu'elle impulse ensuite au filet créent une dynamique entre son corps, l'environnement et la matière elle-même dont le jeu de maillage construit une dialectique de tension et relâchement. Au terme de la performance, le filet devient une installation à voir jusqu'à la prochaine et dernière performance du dimanche 29 novembre.

jeu 26 Nov
1
13h
Peau articulée (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
ven 27 Nov
1
13h
Peau articulée (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
sam 28 Nov
1
13h
Peau articulée (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
dim 29 Nov
1
13h
Peau articulée (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
2
16h
PERFORMANCE : Peau articulée (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

Le travail de Katja Schenker s'articule autour de la performance et de la sculpture. Ses projets interrogent des notions existentielles : la relation entre l'intérieur et l'extérieur, le Moi et les autres, la perméabilité et l'appartenance. Pour le CCS, elle imagine un dispositif de ficelles suspendues qu'elle tisse autour de son corps. Les mouvements qu'elle impulse ensuite au filet créent une dynamique entre son corps, l'environnement et la matière elle-même dont le jeu de maillage construit une dialectique de tension et relâchement.

exposition

Sauvée (2006)

Sculpture, tissu, fil / crayon, et dessins, crayon de couleur, acrylique sur papier, sculpture diamètre 55 cm, dessins 59,5×84 cm et 42×59,5 cm

extraball

colloque

+

Notice biographique

Née en 1968, vit à Zurich
Katja Schenker réalise des oeuvres pour des bâtiments ou pour l'espace public, des sculptures, des installations. Mais la performance est son médium de prédilection. Elle utilise des matériaux ou des objets qu'elle transforme souvent, dans leur forme et leur taille. Ses performances, qu'elle réalise presque toujours seule, sont souvent très physiques, et débouchent régulièrement sur une sculpture ou une installation in situ. Elle a présenté des performances à Arcoop, Genève (2014), Jinji Lake Art Museum, Suzhou ; Helmhaus, Zurich (2013) ; Theater Neumarkt, Zurich ; Festival Who Is Afraid of Performance Art ?, Le Commun, Genève (2011) ; Kunsthalle, Lucerne (2010) ; Performance Festival, Zurich (2009) ; deSingel, Anvers (2007) ; Les bains, Bruxelles (2006) ; Kunsthalle Zurich (2005). Quelques expositions: Jinji Lake Art Museum, Suzhou (2013), Kunstmuseum Olten, Kunstmuseum des Kantons Thurgau Kartause Ittingen (2012), Môtiers – Art en plein air (2011 et 2007), Utopics 11e Exposition suisse de sculpture, Bienne (2009), Seedamm Kulturzentrum, Pfäffikon (2004). Et quelques interventions artistiques dans des bâtiments (Kunst am Bau) : Université des sciences appliquées, Muttenz (2017) ; Usine d'incinération, Winterthur (2014) ; Ecole cantonale, Wetzikon (2012) ; Hôpital cantonal, Zoug (2011). Elle a reçu des bourses des cantons de Zurich et de St-Gall (2013), l'atelier Ankerfabrik, Vienne (2012), l'atelier Sitterwerk, St-Gall (2009), le Swiss Art Award (2003, 2004, 2005).

bibliographie

interview

images

videos

textes

Performance-sculpture, et vice versa

Des conditions processo-sculpturales de l'unité corps-œuvre de Katja Schenker. ...

Des conditions processo-sculpturales de l'unité corps-oeuvre de Katja Schenker.

Pourquoi les êtres humains font-ils de la sculpture ? Cette question est si essentielle dans l'œuvre de Katja Schenker que l'on risque de l'oublier. Elle est – autant taboue que philosophique et historique – aussi tendancieuse que la question de l'envie inhérente à tout être humain d'être en capacité de créer sa (propre) image. À l'ère du « selfie », elle n'a jamais été aussi omniprésente qu'aujourd'hui, et jamais encore aussi complexe. Le portrait signifie l'amour de soi au même titre que l'amour d'autrui – on se souvient des autoportraits au miroir du Parmesan (1523–1524), ou d'Henri de Toulouse-Lautrec (1882–1883), ou Pygmalion et Galatée de Jean-Léon Gérôme (1890). Ces œuvres nous montrent à quel point cette relation entre image et homme est étroite et existentielle. Le portrait pose la question impérieuse de la valeur du corps, de sa fragilité et de son côté éphémère. Et ce n'est pas tout : même l'espace vide, que le corps laisse derrière lui dès qu'il bouge, devient une thématique pressante. À travers des oeuvres inclassables, Katja Schenker pose toutes ces questions. Sculptrice, elle aime utiliser le procédé du processus. Artiste performative, elle dialogue avec les objets, elle leur attribue de nombreux concepts artistiques, des matérialités et des vivacités. « Je ne pense pas au résultat tout en travaillant », dit-elle (ce sont ses photographes qui mettent en images ce travail concentré et physiquement exigeant). La symbiose de l'artiste et de son matériau constitue le fil rouge dans toute son œuvre – cause d'effroi et de fascination tour à tour. Le sublime, souvent balancé sous le regard du spectateur, avec une ardeur magistrale, évolue dans l'oelig;uvre de Katja Schenker de manière plus subtile, silencieuse et sans rien perdre de sa force. Dans durchtrieben (rusé-extrudé), elle essore de lourdes bandes de tissus colorés jusqu'à l'épuisement et jusqu'au moment où elle place sur le sol ces nœuds comme autant de sculptures entortillées. Dans moll (en mode mineur), elle étale 1 200 mètres carrés de papier blanc qu’elle a au préalable, et durant plusieurs jours, reliés manuellement, en une forme carrée. Après avoir délié et donc transformé la sculpture d'une condition vers une autre, il y a ensuite modification de l'espace. C'est le matériau qui sait se moduler, l'artiste suit ce processus avec grand intérêt. Dans les travaux de Schenker, le genre de relations qu'elle entretient avec autrui est un paramètre incontournable pour réussir pleinement à appréhender sa manière de penser.

« Je souhaite éveiller dans mon public un sentiment de ce que je fais. » C'est-à-dire la réaction spontanée du public, sa réaction physique et intellectuelle face à cette communion corps-matériau qui se modifie souvent sur une période assez longue. Son approche est clairement dialogique, et elle appelle cette relation symbiotique où appartenance, délimitation ainsi que pénétration réciproque (et perméabilité) jouent un rôle éminemment complexe, une « ambivalence de l'intérieur et de l'extérieur ». Pour Schenker, il ne s'agit pas d'une pure « interaction » et ceci n'est pas le seul élément fondamental qui la différencie de ses collègues dans le domaine de la performance. La documentation photographique de ces actions performantes permet de révéler le processus de production de Schenker, processus tout aussi important que la « vie d'après » des objets qui en résultent. Rencontre, c'est le moment d'une auto-étreinte et de la décision de vouloir donner une représentation à son propre corps. L'effigie est « l'espace vide » créé par l'impression du corps, par le fait même que le corps humain s'éloigne, ce qui permet à son tour à un nouveau corps sculptural d'advenir. Celui-ci constitue en quelque sorte le cadre d'une image, invitation à toucher, à laisser quelqu'un d'autre prendre possession de l'espace. Cette auto-représentation de l'artiste en tant que sculptrice n'est pas seulement symptomatique de son mode de travail procédural et performatif, mais constitue également son message, présent dans toutes ses oeuvres, sous forme de questionnement existentiel : quelle est la définition de et la correspondance entre condition sculpturale et agir existentiel ? Et ce, toujours à nouveau, notamment aujourd'hui ?

 

Susanne Neubauer, historienne d'art et curatrice.

liens