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Christian MarclayFiche artiste 26/46

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au centre culturel suisse

Ses matériaux : la musique et le son, dans toutes leurs formes. Ses œuvres prennent la forme de photographies, collages, sculptures, installations, vidéos, performances. A partir de matériaux trouvés, il conçoit aussi des partitions qu'il donne à jouer à des musiciens.

mar 17 Nov
2
18h
Gestures (1999)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

Installation vidéo

3
20h
Ephemera (2009)Centre culturel suisser+33 1 42 71 44 50

Interprété par le pianiste Jacques Demierre.
Ephemera est le résultat de l’accumulation, après de longues années, de notations éclectiques et musicales, glanées çà et là dans diverses publicités, illustrations, menus, etc. Ces éphéméras ont été assemblés, puis photographiés et reproduits en une suite de 28 folios. À partir de cet ensemble de motifs imprimés, Christian Marclay a créé une partition musicale du même nom, destinée à être jouée par des musiciens professionnels.

4
20h
Shuffle (2007)Centre culturel suisser+33 1 42 71 44 50

Interprété par la harpiste Hélène Breschand.
Shuffle est un livre qui prend la forme d'un paquet géant de jeu de cartes, sur chaque carte est reproduite une photographie différente. A la fois boîte Fluxus, composition aléatoire de John Cage ou jeu de contruction de Charles et Ray Eames, les cartes proposent une expérience visuelle mais sont également destinées à être jouées telle une partition. L'ensemble comprend également des explications et instructions de la part de l'artiste.

jeu 19 Nov
1
13h
Gestures (1999)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

Installation vidéo

ven 20 Nov
sam 21 Nov
dim 22 Nov

événements

au centre culturel suisse

Ses matériaux : la musique et le son, dans toutes leurs formes. Ses œuvres prennent la forme de photographies, collages, sculptures, installations, vidéos, performances. A partir de matériaux trouvés, il conçoit aussi des partitions qu'il donne à jouer à des musiciens.

mar 17 Nov
2
18h
Gestures (1999)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

Installation vidéo

3
20h
Ephemera (2009)Centre culturel suisser+33 1 42 71 44 50

Interprété par le pianiste Jacques Demierre.
Ephemera est le résultat de l’accumulation, après de longues années, de notations éclectiques et musicales, glanées çà et là dans diverses publicités, illustrations, menus, etc. Ces éphéméras ont été assemblés, puis photographiés et reproduits en une suite de 28 folios. À partir de cet ensemble de motifs imprimés, Christian Marclay a créé une partition musicale du même nom, destinée à être jouée par des musiciens professionnels.

4
20h
Shuffle (2007)Centre culturel suisser+33 1 42 71 44 50

Interprété par la harpiste Hélène Breschand.
Shuffle est un livre qui prend la forme d'un paquet géant de jeu de cartes, sur chaque carte est reproduite une photographie différente. A la fois boîte Fluxus, composition aléatoire de John Cage ou jeu de contruction de Charles et Ray Eames, les cartes proposent une expérience visuelle mais sont également destinées à être jouées telle une partition. L'ensemble comprend également des explications et instructions de la part de l'artiste.

jeu 19 Nov
1
13h
Gestures (1999)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

Installation vidéo

ven 20 Nov
sam 21 Nov
dim 22 Nov

exposition

au centre culturel suisse

Ses matériaux : la musique et le son, dans toutes leurs formes. Ses œuvres prennent la forme de photographies, collages, sculptures, installations, vidéos, performances. A partir de matériaux trouvés, il conçoit aussi des partitions qu'il donne à jouer à des musiciens.

sélection de vidéos et de captations de performances (durée totale 25'39'')

Cette compilation, permet de voir deux vidéos et plusieurs extraits de performances, réalisées seul ou en groupe, voir en groupe de groupes, comme Berlin Mix, performance qui a rassemblé 180 musiciens de genres musicaux, de générations et de cultures très divers.
Record Players, 1984
Les Sortilèges – In Bann des Zaubers (extrait), Marshal Theater, Munich, 1996
One Hundred Turntable Orchestra (extrait), Tokyo Panasonic Hall, 1991
Berlin Mix (extrait), Strassenbahndepot, Berlin, 1993
Smash Hits, The Kitchen, New York, 1991
Ghost (I don't live today), The Kitchen, New York, 1985
Dead Stories (extrait), The Performing Garage, New York, 1986
Fast Music, extrait de Commercial Eruptions, film de Yoshiko Chuma, 1982

extraball

colloque

+

Notice biographique

Né en 1955, vit à Londres 
Auteur de sculptures, de photographies, de vidéos et d'installation, Christian Marclay a, depuis ses études d'art à Genève puis au Massachusetts College of Art de Boston, constamment accordé une place primordiale à la musique. Il est considéré comme un pionnier dans l'usage instrumental des platines vinyles pour créer des collages sonores. Marclay débute son exploration musicale dans la série des Recycled Records (1980 – 1986), des vinyles fragmentés et réassemblés devenus des objets hybrides aux sons distordus. Sa pratique de l'emprunt, de l'échantillon, de la citation l'inscrit dans la filiation de Dada et de Marcel Duchamp et relève de la démarche émancipatrice de Fluxus tout autant que des stratégies du pop art ou de l'invitation du « Do It Yourself » punk. Parmi ses projets les plus marquants, on peut relever sa perfomance Everyday, Biennale de Berne (2014) et Ruhr Triennale, Bochum (2012) ; The Clock (2010) installation vidéo de 24 heures qui lui a valu le Lion d'or à la 54e Biennale d'art de Venise en 2011 et qui a été présentée depuis dans les plus importants musées du monde ; Festival, exposition accompagnée de multiples performances impliquant environ 50 musiciens, Whitney Museum of American Art, New York (2010) ; Replay, Cité de la Musique, Paris (2007) ; The Bell and the Glass, Philadelphia Museum of Art, Philadelphie (2003) ; Sampling, SF MOMA, San Francisco (2002) ; Berlin Mix, performance/concert avec 180 musiciens, Stassenbahndepot, Berlin (1993) ; ou encore sa participation à l'exposition Broken Music : Artist's Recordworks, DAAD, Berlin (1987).

bibliographie

interview

images

videos

textes

Le son et l'image, en toute complicité

Le son est son matériau. Celui qui fut turntablist avant la lettre s’inscrit dans une logique performative et voit aussi ses compositions interprétées. ...

Le son est son matériau. Celui qui fut turntablist avant la lettre s'inscrit dans une logique performative et voit aussi ses compositions interprétées.

Oui, il produisait des sons en manipulant des vinyles dans les mêmes années 1970 où des jeunes du Bronx commençaient à mixer et « scratcher » sur deux platines jumelées. Une discipline qu'on appellera plus tard le turntablism. Sauf que le jeune Christian Marclay s'intéresse peu au hiphop. Né en 1955, il a fréquenté l'École supérieure des beaux-arts de Genève avant de poursuivre ses études à Boston et New York. Il se nourrit des principes de Fluxus, fréquente les clubs new-yorkais les plus expérimentaux. Très vite, le son est son principal matériau.

Au CCS, on pourra voir une courte vidéo de 1984, Record Players, où des anonymes malmènent des disques en les frottant et en les agitant comme des éventails devant eux, à vive allure. Il y a dans cette pièce un parfait sentiment d'urgence. Le disque n'est plus le support fragile d'un enregistrement interprété par des musiciens nommés, mais devient lui-même un instrument très concret. On verra aussi, de façon plus éphémère, l'installation vidéo Gestures (1999), qui témoigne bien de l'esprit de ces années vinyle. Quatre disques sur quatre moniteurs disposés en un carré, cercles de couleurs au centre de cercles noirs, et les mains de Christian Marclay qui vont et viennent sur les surfaces, contrariant leur ronde, donnant naissance à d'autres sonorités. La rayure honnie est ici recherchée, fabriquée.

« J'ai arrêté de travailler avec les disques et les tourne-disques parce que c'est trop compliqué pour voyager. Je cherche d'autres moyens de faire de la musique, d'être engagé dans le monde de la musique. » Par exemple avec des partitions, des notations musicales. Il lui importe de laisser une grande part à l'improvisation, pour ses propres performances ou pour des compositions proposées à des musiciens qu'il choisit pour leur capacité à prendre leur juste place dans le processus. « Je ne suis pas un vrai compositeur, je donne un cadre, un tremplin. Même la durée n'est pas indiquée. » La confiance est clairement établie avec Jacques Demierre qui sera à Paris l'interprète d'Ephemera, une partition mise au point à partir de documents visuels récoltés pendant des années : do-ré-mi et autres clés de sol ornaient des menus de restaurants, des papiers de bonbons, etc. Le musicien genevois s'est plus d'une fois confronté aux partitions de l'artiste. « En mai, avec l'ensemBle baBel, il a encore fait un travail exceptionnel dans un festival à Bologne », s'enthousiasme l'auteur. Confiance encore avec la harpiste Hélène Breschand qui, lors de la même soirée, interprétera Shuffle. L'instrumentiste a déjà pratiqué ce jeu de 75 cartes également imaginé à partir de notations musicales collectionnées dans le quotidien. « Par contre, j'ai édité Shuffle comme une boîte de jeu et je ne sais pas ce qu'en font les centaines de personnes qui l'ont acquis. »

Cet automne, Christian Marclay a une exposition au Aargauer Kunsthaus à Aarau, consacrée à l'onomatopée. Ces dernières années, il a multiplié les exercices visuels et sonores autour des « vrooum », « splash » et autres « bong » utilisés par la bande dessinée, et que les artistes du pop art avaient déjà fait leurs. Ainsi, Zoom Zoom est une pièce performative à partir de graphies collectionnées dans des publicités ou sur des emballages. « La vocaliste Shelley Hirsch est la seule avec qui je parviens à la partager, confie-t-il. Je lui propose une image, puis je réagis à ce qu'elle fait en lui en proposant une autre, et ainsi de suite. » C'est une autre forme de complicité qui lie John Armleder et Christian Marclay. Ils reprendront au CCS un duo performatif très inspiré que nous avions pu voir à l'Écal l'an dernier. Ils s'y faisaient les interprètes très sérieusement facétieux de John Cage, de George Brecht ou de La Monte Young. Mais aussi de créations de leur cru. Comme ce Turntable Toss imaginé par Christian Marclay en 1985, qui consiste à se faire des passes avec un tourne-disque en marche. Autant dire que le folklore bernois ou toute autre musique enregistrée sur le vinyle en hoquette.

 

Élisabeth Chardon, journaliste à la rubrique culturelle du Temps

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