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Jean TinguelyFiche artiste 43/46

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mar 22 Sep
2
18h
Projection en bouclecentre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

Le Transport, extrait du film Svenska flickor i Paris, 1960, 1'32'', film, réalisation Barbo Borman
Homage to Jean Tinguely's Homage to New-York, 1960, 10', film 16 mm, réalisation Robert Breer, courtesy gb agency, Paris
Breaking it up at the Museum – Homage to New York, 1960, 7', film, réalisation Donn Alan Pennebaker
Study for an end of the world no. 2, 1962, 21'27'', film, David Brinkley's Journal, 04.04.1962, NBC, New York, réalisation Ray Marsh

3
20h
Performance (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

A Voyage to the Outer Space (création, 26')
Karen Geyer est une artiste sonore qui vit entre New York et Zurich. Elle élabore des installations à partir d'objets du quotidien (vélos, ventilateurs, bouilloires, tabourets) qu'elle transforme en instruments en les associant à des matériaux simples comme le bois, du fil, de la corde. Le hasard propre à la composition des sons donne l'impression que cet orchestre s'anime de lui-même, l'artiste ensuite mixe, filtre et amplifie le matériel qu'elle recueille via des micros. Pour ce projet, elle s'est particulièrement inspirée de Für Statik, le manifeste de Jean Tinguely lancé en 1959 au-dessus de Düsseldorf : « VIVEZ LE TEMPS PRESENT, VIVEZ SUR ET DANS LE TEMPS. POUR UNE REALITE BELLE ET ABSOLUE ! »

4
21h
table rondeCentre culturel suisser+33 1 42 71 44 50

Discussion sur la pratique de l'action chez Tinguely, à l'occasion de la parution de l'ouvrage Jean Tinguely, Torpedo Institut (éditions Patrick Frey, Zurich). 
Avec Olivier Suter (auteur du livre) et Roland Wetzel (directeur du Musée Tinguely, Bâle).

 

Du 22 au 27 septembre, l’ouvrageTorpedo Institut de Jean Tinguely est disponible au prix de lancement de 45€ à la librairie du CCS.

mer 23 Sep
1
13h
Projection en boucleCentre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

Le Transport, extrait du film Svenska flickor i Paris, 1960, 1'32'', film, réalisation Barbo Borman
Homage to Jean Tinguely's Homage to New-York, 1960, 10', film 16 mm, réalisation Robert Breer, courtesy gb agency, Paris
Breaking it up at the Museum – Homage to New York, 1960, 7', film, réalisation Donn Alan Pennebaker
Study for an end of the world no. 2, 1962, 21'27'', film, David Brinkley's Journal, 04.04.1962, NBC, New York, réalisation Ray Marsh

jeu 24 Sep
ven 25 Sep
sam 26 Sep
dim 27 Sep

événements

mar 22 Sep
2
18h
Projection en bouclecentre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

Le Transport, extrait du film Svenska flickor i Paris, 1960, 1'32'', film, réalisation Barbo Borman
Homage to Jean Tinguely's Homage to New-York, 1960, 10', film 16 mm, réalisation Robert Breer, courtesy gb agency, Paris
Breaking it up at the Museum – Homage to New York, 1960, 7', film, réalisation Donn Alan Pennebaker
Study for an end of the world no. 2, 1962, 21'27'', film, David Brinkley's Journal, 04.04.1962, NBC, New York, réalisation Ray Marsh

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21h
table rondeCentre culturel suisser+33 1 42 71 44 50

Discussion sur la pratique de l'action chez Tinguely, à l'occasion de la parution de l'ouvrage Jean Tinguely, Torpedo Institut (éditions Patrick Frey, Zurich). 
Avec Olivier Suter (auteur du livre) et Roland Wetzel (directeur du Musée Tinguely, Bâle).

 

Du 22 au 27 septembre, l’ouvrageTorpedo Institut de Jean Tinguely est disponible au prix de lancement de 45€ à la librairie du CCS.

mer 23 Sep
1
13h
Projection en boucleCentre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

Le Transport, extrait du film Svenska flickor i Paris, 1960, 1'32'', film, réalisation Barbo Borman
Homage to Jean Tinguely's Homage to New-York, 1960, 10', film 16 mm, réalisation Robert Breer, courtesy gb agency, Paris
Breaking it up at the Museum – Homage to New York, 1960, 7', film, réalisation Donn Alan Pennebaker
Study for an end of the world no. 2, 1962, 21'27'', film, David Brinkley's Journal, 04.04.1962, NBC, New York, réalisation Ray Marsh

jeu 24 Sep
ven 25 Sep
sam 26 Sep
dim 27 Sep

exposition

extraball

colloque

+

Notice biographique

(1925 – 1991)

« Avec des actions comme sa soirée Cyclo-Matic, Art, Machines, and Motion (1959) à Londres et Homage to New York (1960), qui présentent aussi des éléments d'un happening – comme cela a été défini par le fondateur du happening Allan Kaprow dans son livre Assemblage, Environments & Happenings –, Tinguely évolue parmi les pionniers de l'art de la performance en Europe. » Pontus Hulten, Jean Tinguely – « Méta », Paris, 1973, p. 107

Avec ses machines autodestructrices, Tinguely défriche un nouveau champ entre la sculpture et la performance. Le 17 mars 1960, Homage to New York secoue les jardins du MoMA. Tinguely y utilise pour la première fois des matériaux impalpables comme la lumière, l'air, l'eau, le feu et la fumée, en plus des moteurs, roues de vélos et de poussettes, ballon-sonde, tubes d'acier, un piano et d'autres vieux objets. La sculpture comporte un système d'une centaine  de processus. Le 21 mars 1962, Tinguely présente Study for an End of the World no.2, à Jean Dry Lake dans le désert du Nevada, au sud de Las Vegas. L'opération est filmée et diffusée dans le David Brinkley's journal, sur NBC, le 4 avril 1962. Les agences de presse AP et UPI, Le Saturday Evening Post, Time, Life sont aussi présents. Cette performance de fin du monde nécessite un convoi d'une dizaine de camions contenant du matériel, de 100 bâtons de dynamite et 20'000 pièce d'artifice. La Vittoria, phallus monumental dressé devant la cathédrale de Milan en novembre 1970, qui « éjacule » de feux d'artifice et de feu, est une autre action mémorable. Tout comme Le Transport, un défilé « sauvage » de machines dans les rues de Paris, le 13 mai 1960, entre son atelier de l'impasse Ronsin à la Galerie des 4 Saisons pour son exposition.

Quelques expositions solo de son vivant : Musée d'art et d'histoire, Fribourg (1991) ; Maison centrale des artistes, Moscou (1990) ; MNAM Centre Pompidou, Paris (1988) ; Centre culturel suisse, Paris (1987) ; Stedelijk Museum, Amsterdam (1983 et 1973) ; Kunsthaus, Zurich ; The Tate Gallery, Londres (1982) ; Kunstmuseum, Bâle (1976) ; MoMA, New York (1975) ; Louisiania Museum, Humlebaek (1973) ; Moderna Museet, Stockholm (1972) ; Centre national d'art contemporain, Paris (1971) ; Museum of Contemporary Art, Chicago (1968) ; Minami Gallery, Tokyo (1963) ; Museum Haus lange, Krefeld (1960)

Et quelques collectives : Visionäre Schweiz, Kunsthaus Zurich (1991) ; Biennale de Paris (1985, 1982) ; Paris-New York, MNAM Centre Pompidou, Paris ; Documenta 6, Kassel (1977) ; Les machines célibataires, Kunsthalle Berne, Biennale de Venise et tournée Europe (1975–1977) ; Pittsburg International, The Carhegie Institute, Pittsburg (1970, 1967) ; Expo 70, Osaka (1970) ; The Machine as seen at the End of the Mechanical Age, MoMA, New York (1968) ; Documenta 4, Kassel (1968) ; Expo 67, Montréal (1967) ; Biennale de Sao Paulo (1965) ; Documenta 3, Kassel ; Biennale de Venise; Expo 64, Lausanne (1964) ; Dylaby : dynamissch labyrint, Stedelijk Museum, Amsterdam (1962) ; The Art of assemblage, MoMA, New York (1961)

bibliographie

interview

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textes

Tout est transformation

Peintre, sculpteur ou encore dessinateur, Jean Tinguely n’en reste pas moins un performeur qui a marqué son époque. ...

Peintre, sculpteur ou encore dessinateur, Jean Tinguely n’en reste pas moins un performeur qui a marqué son époque.

« C’était aussi réel, intéressant, compliqué et gai que la vie elle-même », commenta Robert Rauschenberg après la performance d’une demi-heure, Homage to New York (HtNY), mettant en scène une machine qui s’autodétruit, le 17 mars 1960, dans les jardins du MoMA de New York. Jean Tinguely lui-même ne considérait pas cette première oeuvre autodestructive de l’histoire de l’art comme une allégorie de la destruction, mais plutôt comme le symbole d’« une vie très intense » qui s’autoconsume dans un « spectacle grandiose ». C’est d’ailleurs ce qu’il souligne, gesticulant et armé d’une machine à souder, dans une interview pour le documentaire de Donn Alan Pennebaker sur HtNY.
Aujourd’hui encore, Jean Tinguely n’est pas vraiment connu comme un artiste qui faisait des performances, qui mettait en scène des happenings ou comme un artiste de la scène. Avec ses reliefs et ses sculptures cinétiques, il voulait créer un contrepoids face aux déclinaisons lassantes du mouvement l’Abstraction géométrique. Dès 1954, ses oeuvres d’art étaient déjà des « sujets » orientés vers le dialogue et l’action. Elles incitaient à participer et revendiquaient d’être intégrées à part entière à la vie, au quotidien. Citons par exemple l’exposition Le Mouvement à la Galerie Denise René à Paris en 1955 où, dans le documentaire réalisé par Robert Breer, la Sculpture méta-mécanique automobile (1954) de Jean Tinguely avançait cahin-caha entre les oeuvres d’Alexander Calder et de Marcel Duchamp, suivie d’une farandole formée par Denise René, sa soeur et le commissaire d’exposition Pontus Hultén.
Homage to New York (1960) fait partie des nombreuses actions les plus connues de Jean Tinguely, avec Study for an End of the World No. 2 (1962), mise en scène près de Las Vegas, non loin d’un ancien site de tests nucléaires ; ou encore La Vittoria (1970) sur le parvis de la cathédrale de Milan. Est-ce la machine urbaine New York, impitoyable et dynamique, qui l’a inspiré lors de son action en 1960 ou, au Nevada, l’effervescence des événements politiques (crise de Cuba), ou encore sa fascination pour les paysages désertiques s’étendant à l’infini qui semblent annoncer le land art ? Avec La Vittoria, phallus géant dont giclent des étincelles, dévoilé dans la pénombre du crépuscule à la consternation de certains commentateurs et invités de marque, il célèbre avec des amis artistes la fin officielle du mouvement des Nouveaux Réalistes.Interaction, participation et travail collaboratif sont au coeur de son art performatif et orienté vers le processus. Ses machines à dessiner et ses Méta-Matics redéfinissent le concept d’auteur et le triangle entre artiste, machine (production) et observateur (réception). Il les exhibe, entre autres, lors de la première Manifestation biennale et internationale des jeunes artistes en octobre 1959 à Paris et à l’occasion de la lecture d’Art, Machine and Motion au ICA à Londres en novembre 1959, en les intégrant dans son happening qui met en scène une danseuse et deux cyclistes qui produisent des dessins. En mai de l’année suivante, il utilise l’espace public parisien comme scène pour Le Transport, où il présente de nouvelles oeuvres : des machines à dessiner pour la plupart, une « machine à faire des reliefs » et une « machine à faire des sculptures » qu’il transporte de son atelier à la Galerie des Quatre Saisons, sous la forme d’un « spectacle » public auquel jouent nombre de ses amis. Tinguely a participé à beaucoup d’autres performances qui intégraient des éléments du monde du théâtre, des beaux-arts, de la musique et de la danse. Déjà en 1956, au Théâtre des Trois Baudets à Paris, il contribue avec six reliefs cinétiques au Spectacle empirique. En 1961, il apparaît à Paris aux côtés de Jasper Johns, Robert Rauschenberg, Niki de Saint Phalle et David Tudor avec Variations II : Homage to David Tudor (1962). Il participe à New York à The Construction of Boston (a Collaboration) mise en scène par Merce Cunningham. Nombre de ses oeuvres se distinguent par une qualité théâtrale et une vraie présence sur scène. Sans la participation active du visiteur, elles ne seraient pas ce qu’elles sont.

Roland Wetzel, directeur du Museum Tinguely à Bâle depuis avril 2009.

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